Comprendre la copropriété
Airbnb en copropriété en Belgique : ce que l'ACP peut décider, région par région
Par Sébastien Dellis, syndic bénévole · mis à jour le 6 novembre 2026 · 9 minutes de lecture
Airbnb en copropriété, en Belgique, se règle d'abord dans les statuts de l'immeuble : une interdiction de la location touristique s'y inscrit par une décision de l'assemblée générale de l'ACP à la majorité des quatre cinquièmes des voix, puis par acte notarié (Code civil, art. 3.88, § 1er, 2°, et art. 3.85, § 1er). Le Code civil n'exige pas l'unanimité, qu'il réserve notamment à la modification des quotes-parts (art. 3.88, § 3). À Bruxelles, l'exploitant doit en plus produire l'accord écrit de l'assemblée générale pour enregistrer son hébergement ; en Wallonie et en Flandre, la Région ne demande pas cet accord, mais les statuts s'appliquent partout. En cas de location malgré une interdiction, c'est le juge de paix qui tranche (Code judiciaire, art. 591, 2° et 2°bis).
Un vendredi, 22 heures, des valises dans l'escalier
Valises à la main, deux voyageurs cherchent le code d'une boîte à clés accrochée à la grille. Le lundi, un copropriétaire écrit au syndic : « Le 2e gauche est sur Airbnb, c'est permis, ça ? »
Avant de répondre, relisez les statuts : l'acte de base et le règlement de copropriété, deux actes notariés transcrits. Cherchez-y la destination des lots (« à usage exclusif d'habitation », « toute activité commerciale est interdite ») et toute clause sur la location de courte durée. Puis ouvrez le règlement d'ordre intérieur (ROI), rédigé sous seing privé (art. 3.85, § 3). Qui fait quoi entre ces textes : voir statuts, règlement de copropriété et ROI.
Une interdiction écrite dans les statuts suit le lot. Transcrits, les statuts s'imposent à l'acheteur suivant, et un propriétaire ne peut pas accorder à son locataire un usage que les statuts lui refusent. Le Code civil précise que leurs dispositions peuvent être opposées directement par ceux à qui elles sont opposables et qui sont titulaires d'un droit réel ou personnel sur l'immeuble (art. 3.93, § 1er).
Une règle du ROI ou une décision d'AG lie d'office ceux qui avaient le droit de vote lors de son adoption. Un nouveau titulaire ou un occupant n'est lié qu'une fois qu'elle lui a été communiquée. Elle vient de celui qui lui confère son droit, au moment où il le confère, ou du syndic, à sa demande, par recommandé. Pour les décisions suivantes, la communication se fait par recommandé dans les trente jours qui suivent la réception du PV, à l'initiative de celui qui l'a reçu (art. 3.93, § 5). Le versant locataire est traité dans louer son lot.
Quand les statuts ne disent rien
Beaucoup d'actes de base datent d'avant les plateformes : ils parlent d'« habitation » et s'arrêtent là. Cela n'a pas empêché des juges de paix de trancher. V. Defraiteur en recense plusieurs (Revue pratique de l'immobilier, n° 3/2020) :
- J.P. Deinze, 21 mars 2017 : la location de courte durée d'un lot destiné à l'habitation privée a été jugée contraire aux statuts et interdite ;
- J.P. Bruges, 30 mars 2017, confirmé par le tribunal de première instance de Flandre occidentale (division Bruges) le 8 novembre 2017 : la demande d'annulation d'une décision d'AG interdisant les locations Airbnb a été déclarée irrecevable, l'activité étant traitée comme celle d'une entreprise ;
- J.P. Anvers, 27 septembre 2018 : la location Airbnb a été jugée contraire aux statuts, qui destinaient les appartements au logement et excluaient l'horeca ; un copropriétaire a obtenu contre le copropriétaire bailleur des dommages et intérêts limités à 250 € ;
- J.P. Bruxelles (2e canton), 7 décembre 2020 : une décision d'AG refusant l'exploitation d'un lot en Airbnb a été maintenue, l'acte de base interdisant tout commerce dans les parties privatives et l'activité ayant une ampleur professionnelle ;
- J.P. Uccle, 19 février 2021 : la demande d'annulation d'une décision d'AG interdisant la location touristique a été rejetée, le juge ajoutant que l'interdiction n'était pas abusive.
Les deux dernières sont inédites : l'auteur les cite sans qu'elles aient été publiées.
Ce sont des cas d'espèce. Un autre juge peut voir les choses autrement, surtout pour quelqu'un qui loue de temps en temps sa propre résidence. L'auteur doute aussi qu'une clause interdisant toute location, sans condition, résiste au droit de propriété protégé par le premier protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme. Mon conseil : une clause qui cible les séjours touristiques de courte durée et laisse en paix les baux ordinaires.
Interdire, encadrer, autoriser : chaque vote a sa majorité
Chaque outil a sa majorité, calculée sur les voix des copropriétaires présents ou représentés. Les abstentions, votes nuls et blancs ne sont pas des voix émises et ne comptent pas (art. 3.87, § 8).
| Ce que l'AG décide | Majorité | Article | Forme |
|---|---|---|---|
| Interdire ou encadrer la location touristique dans les statuts | Quatre cinquièmes des voix | 3.88, § 1er, 2°, a), et b) si la clause change la destination des lots | Acte notarié transcrit (3.85, § 1er) |
| Ajouter des règles de vie au ROI (arrivées, bruit, accès) | Majorité absolue ; deux tiers par prudence si la règle touche l'usage des parties communes prévu par les statuts | 3.87, § 8 ; 3.88, § 1er, 1°, a) | Mise à jour du ROI par le syndic |
| Donner l'accord exigé à Bruxelles pour un lot | Non fixée par l'arrêté : majorité absolue au minimum, quatre cinquièmes par prudence si les statuts écartent l'activité | 3.87, § 8 par défaut ; 3.88, § 1er, 2° | Extrait du PV |
| Modifier les quotes-parts | Unanimité de tous les copropriétaires, sauf les exceptions du § 3 | 3.88, § 3 | Sans rapport avec la location |
Pourquoi quatre cinquièmes pour interdire ? Parce que l'interdiction restreint l'usage des parties privatives. Les deux tiers ne valent que pour une modification qui « ne concerne que la jouissance, l'usage ou l'administration des parties communes » (art. 3.88, § 1er, 1°, a). Le texte voté passe ensuite chez le notaire, aux frais de l'association.
Le ROI, lui, n'a pas de majorité propre : ses règles se votent à la majorité absolue (art. 3.87, § 8). Mais il reste sous les statuts, qui décrivent les droits de chacun sur sa partie privative (art. 3.85, § 1er). Il peut encadrer la location touristique (prévenir le syndic, horaires, accès), pas restreindre l'usage d'un lot au-delà des statuts. Une telle règle serait en réalité une modification des statuts, votée sans les quatre cinquièmes ni l'acte notarié, et s'exposerait à l'annulation.
Faire payer davantage les lots loués aux touristes est tentant, et glissant. Une clé de répartition différente pour ces lots modifie la répartition des charges : quatre cinquièmes (art. 3.88, § 1er, 2°, a) et critères motivés inscrits dans le règlement de copropriété (art. 3.85, § 1er, 2°). Un forfait « Airbnb » voté à la majorité absolue pourrait donc être annulé. Une amende prévue dans le seul ROI serait tout aussi fragile. Le Code civil ne vise que « les clauses et les sanctions relatives au non-paiement de ces charges » (art. 3.85, § 1er, 2°), sans base pour d'autres sanctions pécuniaires. Pour un dégât précis, réclamez plutôt le coût réel au copropriétaire responsable.
L'AG ne peut pas viser nommément un copropriétaire pour le priver d'un droit que les autres gardent. Elle ne peut pas non plus appliquer une interdiction à un locataire qui n'en a jamais été informé (art. 3.93, § 5). Le copropriétaire à qui une décision irrégulière, frauduleuse ou abusive cause un préjudice personnel a quatre mois à dater de l'AG pour saisir le juge de paix (art. 3.92, § 3 ; voir contester une décision).
Bruxelles, seule Région qui demande l'avis de l'AG
Bruxelles exige l'enregistrement préalable de tout hébergement touristique loué pour une nuit à 90 jours. Il se fait auprès de Bruxelles Économie et Emploi (ordonnance du 8 mai 2014 et arrêté d'exécution du 24 mars 2016). Dans une copropriété, l'exploitant joint au dossier (art. 7, § 1er, 7°, de cet arrêté) « un accord écrit de l'Assemblée générale des copropriétaires portant sur l'exercice de l'activité d'exploitation de l'hébergement touristique au sein de l'immeuble ». S'y ajoutent une attestation de sécurité incendie du bourgmestre, à renouveler tous les cinq ans, et une attestation de conformité urbanistique de la commune.
L'arrêté ne dit pas à quelle majorité cet accord se donne, pas plus que la page officielle ou le dossier de déclaration. Faute de règle propre, la décision se prendrait à la majorité absolue (art. 3.87, § 8), qui est un plancher. Si les statuts réservent les lots à l'habitation ou interdisent le commerce, l'accord reviendrait à admettre une activité qu'ils écartent. La doctrine citée plus haut y voit une modification des statuts. La prudence commanderait alors les quatre cinquièmes et l'acte notarié (art. 3.88, § 1er, 2°, a et b). Dès que l'acte de base parle d'habitation, je retiens cette lecture, la plus exigeante.
La demande devient un point à l'ordre du jour, avec une convocation envoyée quinze jours au moins avant l'AG (art. 3.87, § 3), ou l'objet d'une AG extraordinaire si le demandeur ne veut pas attendre (convoquer une assemblée générale). La résolution vise un lot, un exploitant et une capacité, pas un feu vert général et illimité. Un extrait signé du PV, avec le texte exact et le résultat du vote, rejoint le dossier régional.
Les amendes administratives vont de 41,60 € à 4 160 €, multipliées par les décimes additionnels. Cela donne de 416 € à 41 600 € pour des faits constatés depuis le 1er février 2026, selon Bruxelles Économie et Emploi. L'administration peut aussi suspendre ou retirer le numéro d'enregistrement.
Les règles vont encore bouger. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé la réglementation bruxelloise trop imprécise. Le Gouvernement a donc annoncé au printemps 2026 une réforme, plus stricte pour les logements entiers (VRT et BX1, avril 2026). Au 6 novembre 2026, l'accord écrit de l'AG figure toujours parmi les pièces exigées.
Flandre : une déclaration, aucun accord de la VME
Louer à des touristes, même quelques nuits par an via une plateforme, oblige à l'aanmelden auprès de Toerisme Vlaanderen. Base : décret du 5 février 2016 houdende het toeristische logies et arrêté du 17 mars 2017. L'exploitant respecte neuf normes de base. Parmi elles : une attestation de sécurité incendie, une assurance incendie et responsabilité civile, un titre qui l'autorise à exploiter (propriété ou bail) et la conformité urbanistique.
La Région ne demande aucun accord de la VME ; les pages officielles consultées ne parlent ni de copropriété ni de syndic. Restent les statuts et le ROI. À la côte notamment, certaines communes ont leur propre règlement et leur taxe de séjour : renseignez-vous auprès de la commune de l'immeuble.
Wallonie : un enregistrement, et souvent un permis
Le décret du 8 février 2024 a remplacé le Code wallon du Tourisme ; il s'applique depuis le 1er juillet 2025. Nul ne peut exploiter un hébergement touristique sans l'enregistrer auprès de Tourisme Wallonie (art. D.III.21), avec une attestation de sécurité incendie ou de contrôle simplifié et un extrait de casier judiciaire de moins de six mois (art. D.III.23). Les hébergements en règle au 1er juillet 2025 n'ont pas à se réenregistrer, sous réserve du respect des normes incendie.
L'urbanisme pèse plus lourd. Depuis le 30 janvier 2023, louer à des touristes une ou plusieurs pièces existantes, même occasionnellement, est une modification de destination soumise à permis d'urbanisme (CoDT, art. R.IV.4-1, alinéa 2). L'exception couvre moins de six chambres chez l'habitant, sans l'ensemble des fonctions d'un logement. Un appartement entier proposé aux touristes depuis cette date n'y entre pas : il faut un permis, demandé à la commune.
Ni le décret ni les pages de la Wallonie ne prévoient d'accord des copropriétaires. La version consolidée en vigueur depuis le 1er septembre 2026, qui intègre les modifications de 2025 et 2026, ne contient aucune disposition sur les immeubles en copropriété. Comme en Flandre, tout repose sur les statuts. Les autres écarts entre Régions sont dans ce qui change selon la région.
Les trois Régions côte à côte
| Point | Bruxelles | Flandre | Wallonie |
|---|---|---|---|
| Démarche de l'exploitant | Enregistrement à Bruxelles Économie et Emploi | Aanmelding à Toerisme Vlaanderen | Enregistrement à Tourisme Wallonie |
| Accord de l'AG exigé par la Région | Oui, écrit | Non | Non |
| Sécurité incendie | Attestation du bourgmestre, 5 ans | Attestation exigée | Attestation ou contrôle simplifié |
| Urbanisme | Attestation communale | Conformité et permis requis | Permis pour un logement entier depuis 2023 |
| Ce qui protège l'immeuble | Statuts, ROI et accord d'AG | Statuts et ROI | Statuts et ROI |
Ce que la Région ne règle pas
Prévenez d'abord l'assureur. Un lot exploité en hébergement touristique peut constituer une aggravation sensible et durable du risque. Le preneur d'assurance, ici l'ACP, doit la déclarer en cours de contrat (loi du 4 avril 2014 relative aux assurances, art. 81). Non déclarée, elle peut réduire l'indemnité en cas de sinistre. Demandez aussi à l'exploitant la preuve de sa propre assurance (assurances de l'immeuble).
Des occupants qui changent chaque semaine ignorent où sont l'issue de secours et l'extincteur : affichez un plan d'évacuation et gardez les dégagements libres.
Une boîte à clés fixée sur la façade ou la grille touche aux parties communes : pas d'installation sans décision d'AG. Comptez les badges en circulation ; au besoin, changez le code de la porte d'entrée.
Tenez un journal daté des nuisances, photos à l'appui : musique à 2 heures, sacs-poubelle sur le palier. Devant le juge, il pèsera.
Rappelez enfin au copropriétaire exploitant qu'il répond envers l'ACP de ses occupants et doit leur transmettre les règles de l'immeuble.
Avec Syndo le point « location touristique » s'ajoute à l'ordre du jour avec le calcul du délai de convocation, les procurations sont contrôlées en séance, et la décision rédigée dans le PV est inscrite au registre des décisions.
Quand le lot reste en ligne malgré l'interdiction
Commencez par un courrier simple qui cite la clause des statuts ou la décision d'AG. S'il reste sans effet, envoyez une mise en demeure par recommandé avec un délai précis. Beaucoup de situations s'arrêtent là.
Sinon, l'ACP peut agir en justice : elle a qualité pour agir et le syndic la représente (art. 3.92, § 1er ; art. 3.89, § 5, 4°). Hors urgence, l'AG autorise d'abord l'action. Le syndic peut introduire seul une demande urgente ou conservatoire, à faire ratifier par l'AG au plus vite (art. 3.92, § 1er). Un copropriétaire peut aussi agir seul pour son lot, par exemple contre le bruit sous ses fenêtres, après en avoir informé le syndic (art. 3.92, § 1er).
Le juge de paix du canton de l'immeuble est compétent, quel que soit le montant. Le Code judiciaire lui confie les contestations relatives à l'usage, à la jouissance, à l'entretien, à la conservation ou à l'administration du bien commun en cas de copropriété. Il lui confie aussi les demandes fondées sur les règles de la copropriété (art. 591, 2° et 2°bis). À Bruxelles, une exploitation sans enregistrement relève en plus des contrôles de Bruxelles Économie et Emploi. Voir juge de paix et médiation.
Un modèle de résolution à adapter
Une seule variante par point de l'ordre du jour. Faites relire la variante C par le notaire avant d'envoyer la convocation.
Résolution d'AG encadrant la location de courte durée (version novembre 2026)
Association des copropriétaires [Résidence ...], [adresse de l'immeuble]
Numéro d'entreprise (BCE) : [0xxx.xxx.xxx]
Assemblée générale [ordinaire / extraordinaire] du [JJ/MM/AAAA], point [n°] de l'ordre du jour
VARIANTE A. Accord écrit pour un hébergement touristique à Bruxelles
Majorité : l'arrêté du 24 mars 2016 n'en fixe pas ; au minimum, majorité absolue des voix des copropriétaires présents ou représentés (Code civil, art. 3.87, § 8). Si les statuts réservent les lots à l'habitation ou interdisent le commerce, prévoir par prudence les quatre cinquièmes et une modification des statuts par acte notarié (art. 3.88, § 1er, 2°, a et b).
L'assemblée générale, après avoir pris connaissance de la demande de [nom du copropriétaire], propriétaire du lot [n°] ([étage, position]), donne son accord écrit à l'exploitation d'un hébergement touristique dans ce lot, au sens de l'ordonnance du 8 mai 2014, aux conditions suivantes :
1. capacité maximale de [n] personnes ;
2. accord valable pour l'exploitant [nom] et pour une durée de [n] ans à dater de ce jour ; il prend fin de plein droit en cas de vente du lot ou de changement d'exploitant ;
3. l'exploitant transmet au syndic, avant la première location, une copie de son numéro d'enregistrement, de l'attestation de sécurité incendie et de la preuve de son assurance responsabilité civile ;
4. le copropriétaire informe le syndic de l'activité pour qu'il la déclare à l'assureur de l'immeuble, et s'engage à rembourser à l'association toute surprime qui en découle ;
5. aucun dispositif (boîte à clés, digicode) n'est installé dans les parties communes sans décision de l'assemblée ;
6. les occupants reçoivent le règlement d'ordre intérieur ; l'exploitant communique au syndic un numéro joignable pendant chaque séjour.
Le syndic est chargé de délivrer au demandeur un extrait du présent procès-verbal, qui vaut accord écrit de l'assemblée générale.
VARIANTE B. Règles d'encadrement ajoutées au règlement d'ordre intérieur
Majorité : absolue (art. 3.87, § 8) ; deux tiers par prudence pour les points qui touchent l'usage des parties communes prévu par les statuts (art. 3.88, § 1er, 1°, a). Ces règles encadrent sans interdire : un règlement d'ordre intérieur ne peut pas restreindre l'usage des lots au-delà des statuts ; pour une interdiction, voir la variante C.
L'assemblée générale décide d'ajouter au règlement d'ordre intérieur les règles suivantes, applicables à tout lot mis à disposition de touristes pour de courts séjours :
1. le copropriétaire informe le syndic par écrit avant la première location et lui communique son numéro d'enregistrement régional ;
2. aucune boîte à clés ni aucun dispositif d'accès n'est fixé sur la façade, les grilles ou dans les parties communes ;
3. les arrivées et départs respectent le calme de l'immeuble entre [22 h] et [7 h] ;
4. le copropriétaire remet le présent règlement à chaque occupant et répond envers l'association des dégâts causés par ses occupants aux parties communes.
Le syndic met le règlement d'ordre intérieur à jour et le communique conformément à l'article 3.93 du Code civil.
VARIANTE C. Interdiction par modification des statuts
Majorité : quatre cinquièmes des voix (art. 3.88, § 1er, 2°, a, et b si la clause change la destination des lots), puis acte notarié transcrit (art. 3.85, § 1er).
L'assemblée générale décide de compléter le règlement de copropriété par la clause suivante : « La mise à disposition d'un lot, en tout ou en partie, à des touristes, contre paiement, pour des séjours de moins de [90] nuits consécutives, que ce soit directement ou par l'intermédiaire d'une plateforme, est interdite. Cette interdiction ne vise pas la location de résidence principale ni le bail de plus de [n] mois. »
Les copropriétaires dont le lot est exploité en hébergement touristique à la date de la présente décision cessent cette exploitation au plus tard le [JJ/MM/AAAA].
L'assemblée charge le syndic de faire établir l'acte modificatif par le notaire [nom], aux frais de l'association, et d'en assurer la transcription.
Résultat du vote : [x] voix pour, [y] voix contre, [z] abstentions, sur [n] voix présentes ou représentées. La résolution est [adoptée / rejetée].
Fait à [lieu], le [JJ/MM/AAAA].
Le président de l'assemblée : [nom et signature]
Le secrétaire : [nom et signature]
Les copropriétaires présents à la clôture : [signatures]
Modèle préparé avec Syndo, l'outil des syndics bénévoles · syndo.be
Questions fréquentes
Peut-on interdire Airbnb dans une copropriété en Belgique ?
Oui, à condition de l'inscrire dans les statuts. L'assemblée générale vote la clause aux quatre cinquièmes des voix (Code civil, art. 3.88, § 1er, 2°, a), puis un acte notarié la consacre. Visez les séjours touristiques de courte durée plutôt que toute location. Une fois en place, l'interdiction s'impose aux acheteurs et aux locataires des lots.
Faut-il l'unanimité pour interdire la location touristique ?
Non. Sauf exceptions, le Code civil réserve l'unanimité à la modification des quotes-parts de copropriété et, dans certains cas, à la reconstruction totale de l'immeuble (art. 3.88, § 3). Une clause qui restreint la location touristique se vote aux quatre cinquièmes des voix exprimées ; les abstentions ne comptent pas.
Faut-il l'accord de l'AG pour louer son appartement sur Airbnb à Bruxelles ?
Oui. Pour enregistrer un hébergement touristique situé dans une copropriété, Bruxelles Économie et Emploi demande un accord écrit de l'assemblée générale des copropriétaires sur l'exercice de l'activité dans l'immeuble. L'arrêté du 24 mars 2016 ne dit pas à quelle majorité. La majorité absolue serait un minimum ; si les statuts réservent les lots à l'habitation ou interdisent le commerce, les quatre cinquièmes s'imposeraient par prudence.
Le règlement d'ordre intérieur peut-il interdire Airbnb ?
Le ROI sert à encadrer : horaires, accès, boîtes à clés, information du syndic. Pour interdire, passez par les statuts. Ils sont transcrits et opposables aux acheteurs successifs, alors qu'une règle du ROI ne lie un nouvel occupant qu'après lui avoir été communiquée (art. 3.93, § 5). Surtout, le ROI ne peut pas restreindre l'usage des lots au-delà des statuts. Une interdiction glissée dans le ROI à la majorité absolue modifierait en réalité les statuts sans les quatre cinquièmes ni l'acte notarié, et s'exposerait à l'annulation.
Faut-il l'accord de la copropriété pour louer à des touristes en Wallonie ou en Flandre ?
La Région ne le demande pas : l'exploitant s'enregistre auprès de Tourisme Wallonie ou de Toerisme Vlaanderen, avec une attestation de sécurité incendie. Les statuts de l'immeuble s'appliquent quand même partout. En Wallonie, un appartement entier proposé aux touristes depuis le 30 janvier 2023 demande en plus un permis d'urbanisme.
Que faire si un voisin loue sur Airbnb malgré l'interdiction des statuts ?
D'abord un rappel écrit du syndic, puis une mise en demeure par recommandé. Si la location continue, l'ACP, représentée par le syndic et autorisée par l'AG, peut saisir le juge de paix du canton de l'immeuble (Code judiciaire, art. 591, 2° et 2°bis). Le copropriétaire qui subit les nuisances peut aussi agir seul pour son lot, après avoir informé le syndic.
Le syndic peut-il augmenter les charges d'un lot loué sur Airbnb ?
Pas de sa propre initiative. Appliquer une répartition différente à ces lots, c'est modifier la répartition des charges : il faut les quatre cinquièmes et des critères motivés (art. 3.88, § 1er, 2°, a ; art. 3.85, § 1er, 2°). Pour un dégât précis, l'ACP réclame le coût réel au copropriétaire responsable.
Base légale : Code civil, livre 3, articles 3.85, § 1er, 2°, et § 3 ; 3.87, § 3 et § 8 ; 3.88, § 1er, 1°, a), et 2°, a) et b), § 3 ; 3.89, § 5, 4° ; 3.92, § 1er et § 3 ; 3.93, § 1er et § 5 ; Code judiciaire, article 591, 2° et 2°bis ; loi du 4 avril 2014 relative aux assurances, article 81 ; Région de Bruxelles-Capitale, ordonnance du 8 mai 2014 relative à l'hébergement touristique et arrêté du Gouvernement du 24 mars 2016, article 7, § 1er, 7° ; Région flamande, décret du 5 février 2016 houdende het toeristische logies et arrêté du 17 mars 2017 ; Région wallonne, décret du 8 février 2024 remplaçant le Code wallon du Tourisme et Code du Développement territorial, article R.IV.4-1, alinéa 2 (arrêté du 8 décembre 2022).
Sources consultées (vérifiées le 06/11/2026) :
- Code civil, livre 3, titre 4, texte coordonné publié par l'IPI (art. 3.85, 3.87, 3.88, 3.89, 3.92, 3.93)
- be.brussels, « Enregistrer un hébergement touristique »
- Bruxelles Économie et Emploi, dossier de déclaration préalable
- Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 24 mars 2016, M.B. 14 avril 2016 (texte publié, art. 7)
- Bruxelles Économie et Emploi, attestations (urbanisme, sécurité incendie)
- Bruxelles Économie et Emploi, contrôles et sanctions
- Vlaanderen.be, « Aanmelding en erkenning van een toeristisch logies »
- Toerisme Vlaanderen, « Basisnormen van het Logiesdecreet »
- Toerisme Vlaanderen, arrêté d'exécution du 17 mars 2017, version coordonnée
- Wallonie.be, « Créer et gérer un hébergement touristique » (mise à jour du 03/11/2026)
- Wallonie.be, FAQ sur le permis d'urbanisme pour un hébergement touristique
- Wallex, décret du 8 février 2024 remplaçant le Code wallon du Tourisme (version consolidée en vigueur depuis le 1er septembre 2026)
- Wallex, arrêté du Gouvernement wallon du 8 décembre 2022 (hébergements touristiques, CoDT)
- Wallonie.be, « Simplification du Code wallon du Tourisme » (30/05/2025)
- V. Defraiteur, « Airbnb et copropriété », Revue pratique de l'immobilier, 3/2020 (DIAL UCLouvain)
- É. de Saint Moulin, observations sous Mons, J.L.M.B. 2015/42 : l'aggravation du risque (art. 81 de la loi du 4 avril 2014) (DIAL UCLouvain)
- VRT NWS, « À Bruxelles, neuf logements Airbnb sur dix sont loués illégalement » (02/04/2026)
- BX1, réforme annoncée des règles bruxelloises (2026)
Informations générales, à jour au 6 novembre 2026. Votre acte de base et votre règlement de copropriété peuvent prévoir des règles particulières. La réglementation bruxelloise de l'hébergement touristique fait l'objet d'une réforme annoncée : vérifiez la page officielle avant toute démarche. Cet article ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un notaire.